Association pour la Cohérence Environnementale en ViennE
Penser globalement, agir localement



Accueil > Energies > Energie solaire > Cuisson solaire

Cuisson solaire

Pour exploiter l’énergie solaire par tous les moyens.


La cuisine solaire, très largement sous-employée, utilise deux principes :

  •  soit les paraboles qui concentrent les rayons lumineux en un point et permettent par la température élevée (jusqu’à 170°C) de faire bouillir de l’eau et de frire

  •  soit les cuiseurs-boîtes basés sur le principe de l’effet de serre.

    Le cuiseur-boîte

    C’est cette dernière technique que nous présentons ici. Le cuiseur-boîte est une enceinte isolée où la lumière rentre à travers un double vitrage. La température atteint environ 120°C et permet de mijoter à feu doux. La plupart des aliments cuisent dès 85°C : cela permet donc de cuisiner même si la journée est entrecoupée de quelques passages nuageux.
    Il faut orienter le cuiseur selon la course du soleil toutes les 30 à 45 min.

  •  Réservé aux cuissons longues, ce type de cuiseur permet de réaliser de substantielles économies d’énergie. Les aliments sont plus savoureux et gardent mieux leurs principes vitaux. À ces nombreux avantages s’ajoute le fait que rien ne brûle ni n’accroche aux marmites ! Pour une meilleure efficacité, préférez une cocotte en fonte noire. Si la cuisson est terminée longtemps avant le repas, on ferme le couvercle-réflecteur et on met le cuiseur à l’ombre : le plat reste bien chaud, plus de 3 heures.
  •  Un bricoleur averti peut le réaliser mais nous avons choisi de l’acheter à l’association Bolivia Inti qui agit dans de nombreux pays d’Afrique et d’Amérique du Sud en diffusant ces cuiseurs à un prix très abordable. Les modèles vendus en France utilisent des plaques offset de récupération et sont fabriqués par une entreprise d’insertion ; les bénéfices viennent bien sûr soutenir l’association. Le cuiseur est vendu non isolé ; nous l’avons rempli de panneaux de laine de chanvre en démontant la plaque de dessous (quantité nécessaire : 2 m² en 4 cm d’épaisseur). Attention cette isolation est indispensable. Le cuiseur étant vendu brut, il est conseillé de le lasurer.
    Durées de cuisson indicatives pour un cuiseur préchauffé environ 30 à 45 min
  •  mijotée de légumes : 2h30 à 3h selon quantité
  •  riz demi-complet : 2h
  •  riz complet : 2h45
  •  lentilles : 3h
  •  pois chiches et haricots secs : 4h

    Bolivia Inti
    41 rue du Château d’eau
    44240 La Chapelle sur Erdre
    tel/fax 02 40 72 05 30
    www.boliviainti.org
    soleil@boliviainti.org

    Construction de fours solaires en Argentine :
    www.solarinti.blogspot.com

    Témoignage d’une action en Argentine


    SALINAS GRANDES : DES FOURS SOLAIRES POUR TOUS !


    42 familles qui habitent près du désert de sel « Salinas Grandes » au Nord de l’Argentine à 3500 m d’altitude, vont disposer d’un four solaire cet automne. Pierre-Yves Herrouët, un Nantais et sa femme Josefina, argentine, se sont engagés à accomplir cette mission, soutenus par Bolivia Inti – Sud Soleil, dans le cadre du projet Solar Inti (www.solarinti.blogspot.com). Kevin Shemwell, étudiant en stage d’ingénieur à Salta, les a secondés pour les 2 premiers stages.

    Témoignage du 1er stage en juin 2008

    Je viens de passer quatre jours dans une grande salière, à plus de 3500m d’altitude, où vivent plus de lamas que d’êtres humains. Le paysage y est désertique et le mode de vie spartiate.
    On est partis jeudi, avec tout le matériel pour construire 11 fours solaires, dans une camionnetta mistubishi L300 qui, étant donné la quantité de monoxyde de carbone qu’elle dégage, n’est pas vraiment écologique !
    Nous avons prédécoupé le bois acheté à Salta et réalisé les caissons en plaques offset de récupération, achetées à un prix modique. Nous sommes 7 : 5 Français, 1 salténienne (Salta, Argentine) et 1 Chilien.
    Après un voyage de 5 heures passées à mâcher des feuilles de coca pour mieux affronter l’altitude, nous arrivons à Salinas, un grand désert de sel.
    Au début, le contact avec les habitants est un peu difficile : en effet, ils ne sont pas prévenus de notre arrivée. Aucune onde d’aucune sorte n’arrive là-haut (Ndlr : même les ondes cosmiques ?) et ils sont en pleine récolte de sel.
    Sel qu’ils vendent à peu près 20 pesos la tonne, soit moins de 5 €. J’avais donc dans mon porte-monnaie de quoi acheter 5 tonnes de sel, mais comme on n’a droit qu’à 20 kg par avion, j’en ai pris juste un peu pour ma mère (ça changera du sable !).
    Enfin, finalement, tout s’est bien passé ! Ils se sont d’abord regroupés pour choisir les familles qui bénéficieront des 10 premiers fours, sachant que leurs revenus à tous sont très faibles.
    En effet, les habitants de ce village vivent en majorité grâce au sel. Suite aux abus des entreprises, ils ont créé une coopérative du sel. C’est très intéressant parce que maintenant, ils fonctionnent avec un président et un conseil. Toutes les décisions sont prises par vote et pour garantir une équité maximum, ils ont tiré au sort les bénéficiaires des premiers fours, sachant que Solar Inti en rapportera 32 autres. Ils pourraient donner des leçons de démocratie à certains.

    Ils n’ont pas participé financièrement à l’achat du matériel pour les fours, mais ils devront participer pour les suivants à hauteur de 50 % par four. Un four coûte à peu près 700 pesos (matériel, transport, suivi). Ils devront donc payer environ 350 pesos. Bolivia Inti paye 50% de chaque four construit.
    Habituellement, ils font la cuisine au gaz, ce qui leur coûte 15 pesos par famille par semaine et au bois, très rare dans la région. Sachant que leur salaire mensuel s’élève à 1000 pesos par famille (200€), il suffira donc de 4 à 6 mois environ pour rentabiliser leur four.
    Le séjour s’est très bien passé avec eux ! On a bien rigolé. On n’était pas trop de 7, parce qu’il fallait aider chaque groupe lors des différentes phases de montage des fours. On a fixé un des montants du cadre du double vitrage avec 2 vis, afin qu’ils puissent remplacer facilement les vitres cassées. On a mangé du lama pendant tout le séjour et le dernier jour, ils ont cuisiné tous leurs plats habituels dans les cuiseurs et tout était délicieux, juteux et riche en saveurs ! On a atteint les 150°C dans les fours.
    Il faut dire qu’en altitude le rayonnement est plus important, ce qui rend la cuisson au four solaire particulièrement intéressante, car la température d’ébullition de l’eau n’est que de 87 degrés. Ils ont l’habitude de faire cuire longtemps les aliments, pendant plusieurs heures et du coup, l’usage du four solaire ne change pas trop leurs habitudes.
    D’après ce que j’ai pu voir, ils ne chauffent pas leur habitation en terre crue, pleine de courants d’air au niveau des ouvertures, avec pour toit une simple tôle,et tout le monde porte en permanence son bonnet et ses 3-4 pulls. Dommage qu’ils ne mettent pas à profit davantage la chaleur du soleil présent pratiquement tous les jours, étant donné que leurs habitations se trouvent le plus souvent au-dessus des nuages.
    C’était une bonne expérience pour moi de voir sur le terrain l’application du four solaire, sur lequel j’avais travaillé pendant quelques semaines en laboratoire de recherches. Et de voir la satisfaction des habitants de pouvoir cuisiner grâce au soleil a été la meilleure récompense.
    Kevin Shemwell

    Témoignage du 2ème stage en août 2008 :
    Nous avions décidé de rendre visite à Kevin en août en Argentine, mais je n’imaginais pas que nous arriverions juste la veille de leur 2ème stage à Salinas Grandes , pour le montage des 16 autres fours !
    J’ai donc eu la chance de réaliser un des mes vieux rêves : pouvoir participer à une de ces aventures initiées par Bolivia Inti – Sud Soleil en Amérique du Sud. Ce fut le moment le plus fort de notre séjour en Argentine. L’accueil fut beaucoup plus facile, car les villageois connaissaient déjà bien Pierre-Yves, Josefina et Kevin et ils étaient pressés de construire d’autres fours.
    Une enquête faite par Josefina permit de constater que l’utilisation des fours dans les familles permettait l’économie de 50 % du gaz et du bois.
    Certains « anciens » qui avaient déjà construit leur four ont donné un coup de main. La présence de John, menuisier, et de Bernardo, métallier, a été très précieuse durant le montage des fours, surtout quand il fallait scier à la main un bout de bois… avec une scie à métaux !
    Quelques moments difficiles : le mal d’altitude, le froid, et lorsqu’une tempête de sable s’est levée, il a fallu rentrer les 16 fours dans la petite salle communale, mais quelle belle expérience de partage et de solidarité.
    Le chauffeur revenu nous chercher à la fin du stage n’a dit qu’un mot en voyant les 16 fours achevés : « espectacular ! »
    Ce projet d’installations de fours dans cette région désertique répond pleinement aux 3 critères essentiels auxquels répond tout « bon projet » :

    Social (et sanitaire) : l’amélioration du niveau de santé des femmes et des enfants (réduction des fumées, pasteurisation de l’eau, cuisson plus saine), libération de temps libre (autrement dédié à la recherche du bois) qui peut être dédié à l’attention aux enfants et à leur éducation.

    Economique : l’amélioration du niveau de vie (économie sur l’achat du gaz et du bois) : la cuisson solaire demande moins de surveillance et permet aux femmes de se consacrer à des projets (ex. artisanat, tissage de laine de lama).

    Environnemental : la cuisson solaire ne produit pas de CO2, contrairement au gaz ! Et la réduction des coupes de bois permet la régénération de la végétation.

    Comme nous avons consacré avec bonheur une semaine de notre séjour à cette réalisation, nous avons donc estimé que nous pouvions nous dispenser d’acheter des « bons de compensation de carbone » ! Et bravo à Pierre-Yves et Josefina pour ce magnifique travail réalisé avec beaucoup doigté et d’amour !

    Hélène Shemwell

    NB : Nous savons que cette mission a été menée jusqu’à terme en septembre et que d’autres villages de la région ont également demandé à Solar Inti d’en bénéficier.